Tech for Print, un nouvel espace dédié à l’innovation sur le salon C!Print
À l’occasion de C!Print 2026, du 3 au 5 février prochains, un nouvel espace dédié à l’innovation voit le jour. Pensé et animé par l’organisme de formation et incubateur Fabéon et le cabinet Keybop Conseil, en collaboration avec les équipes de C!Print, il proposera ateliers, masterclass et zones de démonstration afin d’offrir aux visiteurs des solutions concrètes et immédiatement actionnables.
En 2026, l’ancien « Software Village » de C!Print, salon de référence des industries graphiques et de la communication visuelle, évolue et devient l’espace Tech for Print, un espace repensé en partenariat avec le cabinet Keybop Conseil et l’organisme de formation Fabéon. Cet espace a pour ambition de proposer une approche globale des solutions utiles à la transformation des ateliers d’impression – digitalisation, automatisation, cybersécurité, gestion des données -, tout en les rendant accessibles aux TPE et PME.
DES EXPERTS EN PAGAILLE
Tech for Print offrira un dispositif pédagogique structuré, mêlant chaque jour du salon trois formations courtes de 20 minutes et une session longue de 45 minutes, toutes animées par des experts. Par exemple, une master class de Natalie Dupuy, la papesse de l’IA, créatrice du magazine IALS et ambassadrice nationale du plan « Osez l’IA », aura lieu le 4 février à 11h. À l’issue des sessions de formation, les participants pourront obtenir une certification officielle, un atout fort pour valoriser les compétences acquises.
Du côté de l’espace de démonstration de Tech for Print, plusieurs postes rassembleront autour d’une table centrale des experts de PixelTech, mais aussi des startups Soda (suivi machines) et Alwan (colorimétrie) hébergées chez Fabéon, en attendant d’autres noms. L’objectif étant de reproduire un flux de production complet et de créer un parcours visiteur cohérent mêlant machines et logiciels.
Jean-Michaël Peinchina (Keybop Conseil) et Frédéric Soulier (Fabéon), coordinateurs de Tech for Print : « La transformation digitale n’a pas besoin d’être complexe »
Échange avec les deux têtes pensantes du nouvel espace Tech for Print, qui entendent rendre l’innovation pragmatique, accessible à tous, et au service de la transformation numérique globale du secteur.
Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet Tech for Print ?
Jean-Michaël Peinchina : Ce qui nous motive, c’est de montrer que l’innovation est partout et qu’elle est devenue un élément clé de pérennité pour les entreprises du print. Par ailleurs, elle doit être accessible. Chez Fabéon comme chez Keybop, notre métier est d’accompagner les entreprises dans leur amélioration continue. Cet espace est le lieu idéal pour présenter de nouvelles manières de faire, car C!Print réunit un grand grand nombre d’imprimeurs et de professionnels du secteur.
Frédéric Soulier : Après ce que nous avions réalisé sur l’édition 2024 du salon avec la C!Factory, nous cherchions un nouveau lieu où parler d’innovation. Chez Fabéon, l’innovation est au cœur de toutes nos discussions. C!Print réunit des acteurs très variés : imprimeurs, éditeurs de logiciels, fabricants de machines, distributeurs, agents commerciaux… et tous sont concernés par l’innovation. C!Print est le seul événement en France à rassembler ces communautés avec une véritable appétence pour le sujet. Il était donc naturel de co-créer cet espace d’innovation.
Concrètement, qu’allez-vous apporter à ce nouvel espace ?
F.S : L’équipe organisatrice du salon nous donne la possibilité de le personnaliser et d’y apporter nos idées. Nous allons partager notre expérience et notre savoir-faire en innovation dans l’impression numérique. On aurait pu imaginer un hackathon sur trois jours, mais nous allons rester raisonnables. L’objectif est de valoriser toutes les dimensions de l’innovation dans le print. Pour nous, l’innovation n’est pas seulement technologique. Elle inclut aussi l’environnement, l’organisation, la projection dans le futur. Tech for Print doit permettre cette mise en perspective.
J-M.P : Notre objectif, dans l’accompagnement des entreprises, est qu’elles travaillent dans de bonnes conditions pour assurer leur pérennité. Les innovations présentées et les ateliers viseront à montrer que la transformation digitale n’a pas besoin d’être complexe. Ce sont souvent de petites actions quotidiennes qui changent l’entreprise. Il ne s’agit pas de créer une usine à gaz, mais de rendre la transformation accessible.
Comment avez-vous pensé l’organisation de Tech for Print ?
J-M.P : Nous travaillons sur des formats courts pour aller à l’essentiel. L’idée est de délivrer une information claire, concrète, immédiatement actionnable, sans noyer l’auditoire. Les visiteurs viennent aussi pour voir des machines, donc nous ne voulons pas monopoliser leur temps, mais leur offrir une réelle valeur ajoutée. Le choix des contenus vient des échanges avec une douzaine d’imprimeurs. Nous avons identifié les sujets qui reviennent le plus et leurs attentes. Rien n’a été conçu pour nous faire plaisir. Tout répond à un besoin réel du marché.
F.S : Le format et le contenu reflètent notre expérience d’accompagnement d’industriels. Les formats courts fonctionnent très bien en formation continue. Nous voulons aussi aller jusqu’à la validation des connaissances acquises via des badges de compétences, comme par exemple « environnement », « IA », etc. Ces badges, stockés sur blockchain, pourront être partagés sur LinkedIn. Cela permet de valoriser l’expérience vécue sur C!Print.
Comment les zones de formation et de démonstration dialogueront-elles ?
J-M.P : L’espace de démonstration représente plutôt le flux de production, de la commande à la livraison. Les innovations présentées dans ce flux prolongent naturellement celles abordées dans les masterclass et ateliers. Les deux espaces sont donc complémentaires.
F.S : La zone de démonstration permet de présenter les technologies. L’autre espace permet de répondre aux questionnements des acteurs de l’impression, d’apporter des solutions. Toutes proportions gardées, je comparerai l’ensemble à une sorte de Genius Bar Apple. On vient poser une question, on obtient une réponse, et si quelqu’un ne peut pas répondre, un autre intervenant prend le relais. C’est cette complémentarité qui crée la valeur.
J-M.P : Nous réunissons tout un écosystème de compétences. Chaque visiteur doit pouvoir repartir avec une réponse. L’important étant que toutes les thématiques et problématiques du moment soient couvertes.
Bastien Bonhoure (Freshprocess) : « Automatiser, c’est vital pour les imprimeurs »

Freshprocess propose des ERP dédiés aux industries graphiques depuis 2014 et exposera sur l’espace Tech for Print de C!Print 2026. Son dirigeant Bastien Bonhoure nous explique notamment pourquoi les imprimeurs doivent s’emparer de l’automatisation.
Quel est le cœur de l’activité de Freshprocess ?
Freshprocess est une société issue du métier des arts graphiques. Nous avons développé un ERP spécifiquement conçu pour les enseignistes, les spécialistes de la signalétique et les imprimeurs grand et petit format. Notre solution, brevetée en 2020 sur 17 points, vise à supprimer les tâches chronophages et à automatiser le planning ainsi que la gestion des bons à tirer. Aujourd’hui, nous accompagnons plus de 150 clients — de la TPE à l’ETI — avec une approche métier complète : commerce, comptabilité, production et formation.
Pourquoi l’automatisation est-elle devenue un enjeu central pour les imprimeurs ?
Parce qu’elle est tout simplement vitale ! Automatiser, c’est éviter les pertes d’information, gagner en fluidité et maintenir la motivation des équipes. Notre ERP permet à chaque collaborateur de tenir son rôle dans un cadre structuré : le commerce, la production, le graphisme… chacun intervient au bon moment. L’outil centralise et fiabilise les flux d’information, tout en supprimant les tâches répétitives.
Vous ciblez principalement les TPE et PME, mais pas seulement ?
En effet. Nous travaillons aussi avec des ETI, des imprimeries intégrées et même sur des appels d’offres publics. Notre mission est de démocratiser les outils des grands acteurs pour les rendre accessibles aux structures plus modestes. Beaucoup d’imprimeurs se retrouvent encore bloqués par des systèmes complexes ou coûteux, et chez Freshprocess, nous souhaitons leur offrir une alternative simple et efficace.
Vos solutions sont donc pensées pour être accessibles ?
C’est l’un de nos engagements. Notre modèle économique est conçu pour éviter à nos clients de devoir recruter un développeur ou amortir un projet sur plusieurs années. Nous capitalisons sur des retours d’expérience concrets issus du terrain, ce qui nous permet d’adapter continuellement notre roadmap aux besoins réels des utilisateurs.
Vous serez présents sur le salon C!Print 2026. Pourquoi cet événement est-il important pour vous ?
C!Print est un rendez-vous stratégique pour nous. D’ailleurs, chaque année, notre stand ne désemplit pas… C’est un carrefour où se croisent imprimeurs, fabricants de machines et acteurs du numérique. Au-delà de la visibilité, c’est surtout un moment d’échange avec nos clients et partenaires. Nous y venons en force — une dizaine de personnes — et les temps morts sont rares ! Cela montre bien l’intérêt croissant pour l’automatisation.
Quels sont vos axes de développement pour 2026 ?
Nous préparons plusieurs nouveautés. D’abord, une nouvelle version de notre programme d’onboarding, plus fluide et guidée par des tutoriels interactifs adaptés à chaque typologie de client. L’objectif est de rendre la prise en main de notre ERP encore plus rapide — certains l’adoptent en deux à cinq jours seulement.
Ensuite, nous faisons évoluer notre offre web-to-print. Plutôt que de proposer des outils surdimensionnés, nous avons conçu une solution simple, connectée directement à l’ERP, qui permet de fluidifier le flux commercial. Elle aide les imprimeurs à regagner une proximité locale avec leurs clients tout en automatisant la saisie des commandes. Et cela, à un coût très maîtrisé : environ 150 € par mois par site.
Nous travaillons actuellement sur une nouvelle brique technologique qui pourrait disrupter le marché. Il pourrait donc y avoir une nouveauté surprise sur C!Print 2026…