Le frugal, le retail s’en régale
Face à des rythmes d’ouverture et de refonte de magasins toujours soutenus, et à des attentes RSE croissantes, l’aménagement frugal pourrait s’imposer comme une stratégie gagnante pour les enseignes, les marques et les fabricants de PLV. Les grands principes ? Concevoir avec moins de matière, privilégier la modularité et le réemploi, et réparer plutôt que remplacer. Une démarche vertueuse et en phase avec les enjeux économiques, environnementaux et sociétaux du moment qui ne s’apparente pas à du low cost, mais plutôt à une conception centrée sur l’essentiel. Sans sacrifier pour autant l’expression de marque ou l’expérience client.
Le frugal est à la mode. On entend parler de cuisine frugale, de logement frugal, ou encore d’IA frugale. Ce phénomène vertueux, qui prône de faire moins et mieux, sous-entend un effort de simplicité et de réduction de la consommation et des dépenses. Pour autant, la frugalité n’est ni un appauvrissement ni un renoncement. Il s’agit d’une stratégie. Un système où chaque élément est pensé pour durer, évoluer et consommer moins. Cette tendance s’applique aussi au secteur du retail ces dernières années. Il faut dire que la frugalité devient un impératif économique et environnemental pour toutes les enseignes.
Explosion des coûts de l’énergie, hausse des loyers commerciaux, supply chain tendue, concurrence digitale… Les curseurs budgétaires se crispent. Résultat : chaque mètre carré en magasin doit désormais justifier son existence. La frugalité apporte une réponse pertinente sur le sujet. Elle permet notamment de réduire les dépenses d’investissement en limitant le design superflu et en réemployant l’existant, d’alléger les dépenses d’exploitation – notamment énergétiques -, d’accélérer les chantiers et donc les ouvertures de magasin, et enfin de limiter les risques financiers en cas de repositionnement ou de test de concept. En clair, il s’agit de faire plus malin avec moins, pour rester compétitif.
Par ailleurs, entre la CSRD, les bilans carbones obligatoires et les exigences des investisseurs sur les critères ESG (pour Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance), une démarche verte n’est plus un choix, mais un impératif. Sur ce plan, le magasin frugal coche toutes les cases ou presque : moins de matériaux neufs, moins de déchets de chantier, un bilan carbone de travaux inférieur, une durée de vie du mobilier rallongée, un magasin plus facile à maintenir dans le temps, etc. La frugalité s’impose donc comme l’un des leviers les plus efficaces pour décarboner l’aménagement en magasin sans exploser les budgets.
Quid des consommateurs dans ce contexte ? Après une décennie de sur-design, la majorité d’entre eux semblent plébisciter les lieux sobres, lisibles, cohérents avec les engagements RSE annoncés par les marques. En mettant le produit au centre et en évitant le storytelling forcé, un magasin frugal paraît ainsi plus authentique. La sobriété devient un levier d’image, et parfois même de préférence consommateur. Un atout maître pour le développement commercial dans un monde du retail hautement concurrentiel.
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Hélène Maillet (MV Design) : « Frugalité ne veut pas dire expérience dégradée »

Et si l’éphémère apprenait à durer ?
