Les coalitions passent à l’échelle sur le salon Luxe Pack Monaco 2026
Dans le monde du packaging, les enjeux de durabilité, de réemploi et de transformation des modèles s’intensifient ces dernières années, et les coalitions représentent une réponse solide à ces problématiques pour les segments les plus premium. Dans ce contexte, à l’approche du salon Luxe Pack Monaco 2026 qui se tiendra du 28 au 30 septembre prochains, Laurène Vucher, directrice marketing du salon, et Marie-Laëtitia Luccioni, responsable des contenus, reviennent sur l’évolution du format « The Col’lab », les nouveaux usages collaboratifs émergeant dans le packaging, mais aussi les différentes nouveautés qui font du salon monégasque un rendez-vous incontournable.
L’année dernière, Luxe Pack Monaco lançait « The Col’lab », une initiative qui vise à unir les forces autour de projets concrets et responsables. Pourquoi vouloir faire évoluer le format en 2026 ?
Marie-Laëtitia Luccioni : L’année dernière, The Col’lab représentait un lancement. Comme pour tout nouveau format, une phase de test était nécessaire. Nous nous sommes rendu compte que les coalitions passionnaient l’industrie du packaging, qu’elles suscitaient beaucoup d’intérêt et qu’elles structuraient déjà de nombreux projets. En revanche, le format initial, incluant des espaces physiques dédiés aux rencontres, n’était peut-être pas totalement adapté à la temporalité du salon. Sur un salon comme Luxe Pack Monaco, les visiteurs et les marques viennent avant tout pour des rendez-vous business, du sourcing et des échanges opérationnels très concrets. Les temps plus longs de networking passent au second plan.
Nous avons donc décidé de conserver le sujet des coalitions, qui reste absolument stratégique, mais de lui donner une autre forme. Cette année, nous allons davantage nous concentrer sur des conférences et des tables rondes réunissant l’ensemble de la chaîne de valeur : fournisseurs, marques, consultants, experts, distributeurs, etc. L’objectif est de partager des retours d’expérience concrets et des enseignements opérationnels.
Le changement de format ne signifie pas que les coalitions perdent en importance ?
M-L. L. : Absolument pas. Les coalitions sont aujourd’hui un axe de travail extrêmement fort dans le packaging, notamment dans la beauté et les cosmétiques. Depuis plusieurs années, de nouveaux modèles émergent, avec la recharge, le réemploi, les nouveaux matériaux, ou encore de nouvelles logiques de distribution. Les marques ont besoin de tester ces usages en conditions réelles. Les solutions techniques existent désormais, mais les vraies questions sont ailleurs. Est-ce viable économiquement ? Est-ce compatible avec les circuits de distribution ? Les consommateurs seront-ils au rendez-vous ? Quels sont les freins logistiques, opérationnels et financiers ?
Les coalitions permettent justement de mutualiser les expérimentations et de partager les apprentissages. Pour les grandes marques de luxe, cela a aussi un effet rassurant. Quand plusieurs acteurs avancent ensemble, les risques d’image sont moindres. Personne n’est isolé face au changement. Dans le luxe, cette dimension est essentielle. Si tout le monde avance collectivement vers de nouveaux usages, ceux-ci deviennent progressivement la norme.
Quelles sont aujourd’hui les coalitions les plus avancées ?
M-L. L. : Il existe aujourd’hui une grande diversité de coalitions, avec des modèles d’organisation très différents. Certaines sont pilotées par des cabinets de conseil spécialisés comme Circul’R, (RE)SET ou Quantis. D’autres prennent la forme d’associations ou de structures à but non lucratif réunissant directement les marques. Parmi les initiatives les plus structurantes, on peut citer SPICE, coordonnée par Quantis, qui fait partie des coalitions pionnières et les plus importantes, EcoBeautyScore, qui vise à harmoniser l’évaluation de l’impact environnemental dans la cosmétique, Green Impact Index, lancé notamment par le groupe Yves Rocher. Je pense aussi à Eco Impact, centré sur le réemploi dans l’univers des vins et spiritueux, ou encore Pulp in Action, coordonné par (RE)SET, qui travaille sur le développement de nouveaux matériaux à base de cellulose pour remplacer le plastique.
Ce qui est passionnant, c’est que chaque coalition répond à une problématique différente. On y touche au réemploi, à la notation environnementale, aux nouveaux matériaux, à la logistique, la distribution, la recyclabilité, etc. Certaines sont très avancées, d’autres encore embryonnaires, notamment dans des secteurs historiquement un peu plus conservateurs comme les vins et spiritueux.
Pourquoi les coalitions sont-elles particulièrement dynamiques dans l’univers de la beauté ?
M-L. L. : La beauté et la cosmétique sont probablement les secteurs les plus avancés aujourd’hui sur ces sujets pour plusieurs raisons. D’abord parce que les marques y sont très exposées aux attentes consommateurs et aux enjeux réglementaires. Ensuite parce que les usages évoluent rapidement, notamment autour des questions de la recharge, de la notation environnementale, la réduction du plastique, ou les nouvelles expériences clients.
Mais il existe aussi des différences importantes selon les circuits de distribution. Les problématiques d’une marque présente chez Sephora ne sont pas les mêmes que celles d’une marque distribuée en pharmacie. Les attentes clients, les contraintes logistiques, l’expérience packaging ou les usages du réemploi peuvent varier fortement. C’est pourquoi certaines coalitions se structurent autour de problématiques très spécifiques à un secteur ou à un réseau de distribution.
Peut-on dire que l’industrie du packaging entre dans une nouvelle phase collaborative ?
M-L. L. : Oui, clairement. Pendant longtemps, l’innovation packaging reposait essentiellement sur des démarches individuelles. Aujourd’hui, face aux enjeux environnementaux, réglementaires et économiques, les marques comprennent qu’elles doivent avancer ensemble. Le réemploi, par exemple, ne peut pas fonctionner sans coopération entre marques, fabricants, distributeurs et logisticiens. Les coalitions deviennent donc de véritables laboratoires collectifs. Elles permettent d’expérimenter, de partager les risques, de mutualiser les données et d’accélérer les transformations. Et surtout, elles rendent possibles des changements de standards à l’échelle d’un secteur entier. C’est probablement l’une des mutations les plus importantes que connaît actuellement l’industrie du packaging.
Au-delà d’un focus sur les coalitions, pourquoi faut-il encore se rendre à Luxe Pack Monaco en 2026 ?
Laurène Vucher : Aujourd’hui, tous les acteurs du marché sont confrontés à des contraintes budgétaires. Venir à Monaco représente un investissement pour les exposants comme pour les visiteurs. Ce que nous constatons, c’est que les entreprises continuent de venir, mais avec des délégations plus réduites. Là où certains grands groupes pouvaient déplacer 100 personnes auparavant, ils viennent désormais avec des équipes beaucoup plus concentrées.
Notre objectif cette année est donc très clair : démontrer que trois jours à Monaco peuvent représenter l’équivalent de douze mois de prospection. Quand vous êtes à Monaco, vous êtes totalement immergé dans l’événement. Vous êtes concentré sur vos rendez-vous, vos découvertes, vos projets. Cette disponibilité favorise énormément les échanges de qualité.
Quelles sont les grandes nouveautés de cette nouvelle édition du salon ?
L. V. : Nous allons lancer plusieurs dispositifs destinés à optimiser le temps de présence sur le salon et à accélérer les mises en relation. La première nouveauté est le « Smart Matchmaking ». Grâce aux informations renseignées lors du pré-enregistrement, les visiteurs recevront des suggestions d’exposants adaptées à leurs enjeux métiers et à leurs objectifs. Nous développons également une messagerie intégrée qui permettra d’échanger directement avec les exposants avant, pendant et après le salon. Autre nouveauté, les « Rendez-vous one-to-one » planifiés en amont. Les visiteurs pourront programmer des rencontres directement sur les stands des exposants.
Nous lançons aussi les « Learning expéditions », des parcours thématiques guidés dans les allées du salon. Le Grimaldi Forum possède une configuration particulière et ces parcours permettront aux visiteurs de gagner du temps tout en découvrant les innovations clés autour de thèmes comme les nouveaux matériaux ou la personnalisation.
Enfin, nous développons un programme spécifique destiné aux « Top Buyers », c’est-à-dire aux profils décisionnaires les plus stratégiques des grandes marques. Ils bénéficieront de rendez-vous qualifiés dans un format très opérationnel.
Luxe Pack continue également de valoriser l’innovation responsable…
L. V. : Bien sûr. Nous reconduisons notamment plusieurs dispositifs qui ont très bien fonctionné l’année dernière. Il y aura à nouveau « The Portal », qui met en lumière des startups mais aussi des exposants plus installés présentant des innovations particulièrement fortes. Nous poursuivons également l’initiative « La Fabrique Singulière », autour des métiers d’art et du savoir-faire. Le design restera aussi un axe important, notamment avec le collectif Make a Mark.
Et évidemment, nous reconduisons « Luxe Pack in Green », qui célèbre cette année ses 20 ans. C’est un événement historique pour le salon et une véritable référence dans le secteur. Deux catégories seront mises à l’honneur : les solutions packaging éco-conçues et les initiatives RSE et développement durable portées par les exposants eux-mêmes. Luxe Pack a été précurseur sur ces sujets et le salon continue encore aujourd’hui à accompagner les grandes transformations de l’industrie.