Scénographie urbaine : l’Atelier Athem habillera trois monuments emblématiques de Paris à la rentrée
À Paris, certains échafaudages ne servent pas seulement à restaurer les monuments : ils deviennent aussi des supports de communication et de financement. À partir du mois de septembre, la Monnaie de Paris, l’Hôtel-Dieu et l’église de la Madeleine seront habillés de vastes dispositifs scénographiques imaginés par l’Atelier Athem, illustrant le rôle croissant de l’impression grand format dans la valorisation du patrimoine, au croisement du design urbain, de la communication visuelle et de l’économie culturelle.
À partir du mois de septembre, trois monuments emblématiques de la capitale – la Monnaie de Paris, l’Hôtel-Dieu et la façade nord de l’église de la Madeleine – entreront simultanément en restauration. Derrière ces chantiers se cache un modèle singulier où communication visuelle, patrimoine et financement public convergent : celui des bâches scénographiques intégrant des espaces publicitaires.
Loin d’être de simples supports de communication, ces installations conçues par l’Atelier Athem répondent à une double exigence. Elles permettent d’une part de générer des recettes destinées à financer une partie des travaux de restauration, conformément au dispositif autorisé par la législation française depuis 2007. D’autre part, elles contribuent à préserver l’image des monuments pendant toute la durée des chantiers en reconstituant leurs façades grâce à des décors en trompe-l’œil, tout en intégrant la signalétique indispensable aux visiteurs.
Scénographie pensée au cas par cas
Chaque opération fait l’objet d’un traitement spécifique. À la Monnaie de Paris, le dispositif accompagnera la restauration des façades donnant sur le quai de Conti, dans un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Face à Notre-Dame, l’Hôtel-Dieu poursuivra sa transformation tout en maintenant sa visibilité et son activité. Quant à l’église de la Madeleine, sa façade nord bénéficiera d’une nouvelle mise en scène durant les travaux sur l’un des axes les plus fréquentés de la capitale.
Pour l’Atelier Athem, chaque bâche est conçue comme un projet de design urbain. Architecture du bâtiment, environnement immédiat, contraintes d’exploitation et parcours des visiteurs sont étudiés afin d’intégrer harmonieusement le dispositif dans son contexte.
Au service du patrimoine
Ces réalisations illustrent également les possibilités offertes par l’impression grand format lorsqu’elle dépasse sa seule fonction publicitaire. Les bâches deviennent ici de véritables objets scénographiques capables de masquer les échafaudages, de restituer l’identité architecturale des lieux et de maintenir une présence visuelle forte dans l’espace public pendant plusieurs mois.
Pour les marques partenaires, ces emplacements constituent des supports d’exception. Leur visibilité est exceptionnelle, mais leur exploitation reste strictement encadrée : les campagnes sont validées par les propriétaires des monuments et intégrées dans une composition graphique respectueuse de l’architecture des édifices. En retour, les revenus générés permettent de réduire le coût des restaurations pour les maîtres d’ouvrage.
Autre évolution notable : la fin de vie des bâches fait partie intégrante du projet. L’Atelier Athem indique que l’ensemble des toiles déposées est aujourd’hui réemployé, recyclé ou transformé dans le cadre de projets d’upcycling, en partenariat avec des acteurs de l’économie sociale et solidaire, des designers ou des écoles. Cette démarche sera notamment mise en avant lors de l’exposition Les Métamorphoses de la matière, organisée en septembre dans le cadre de la Paris Design Week.