Ludovic Martin, nouveau directeur du développement international d’Onlineprinters : « Etre plus proches des attentes des clients français et adapter nos outils industriels et nos services aux spécificités locales »
Nommé récemment directeur du développement international d’Onlineprinters, Ludovic Martin pilote l’installation du bureau français du groupe allemand depuis Montpellier. Entre adaptation locale, ambitions européennes et proximité client, le spécialiste du web-to-print détaille la stratégie d’Onlineprinters sur le marché hexagonal et se projette déjà sur le salon C!Print 2027.
Onlineprinters disposait déjà d’une présence commerciale en France. Pourquoi ouvrir aujourd’hui une véritable structure locale ?
La France fait partie des marchés stratégiques du groupe depuis longtemps. Historiquement, les équipes commerciales étaient basées en Allemagne et venaient régulièrement sur le terrain en France, notamment lors des salons ou de rendez-vous clients. Mais l’expérience menée en Espagne, avec la création d’une entité locale à Madrid après un rachat, a montré tout l’intérêt d’une présence physique, en offrant une meilleure compréhension du marché, une plus grande proximité avec les clients et une capacité d’adaptation plus fine. C’est cette logique qui a conduit à l’ouverture d’un bureau et à la constitution d’une équipe française.
Pourquoi avoir choisi Montpellier pour cette implantation ?
Plusieurs raisons ont joué. D’abord, nous avions déjà des collaborations sur place avec certaines équipes du secteur. Ensuite, Montpellier bénéficie d’un véritable écosystème autour de l’imprimerie en ligne, avec des profils expérimentés et une culture métier forte. La localisation est aussi intéressante, à la croisée de la France et de l’Espagne, avec une vraie facilité de rayonnement. Et puis, il faut le reconnaître, le cadre de vie y est agréable.
Quelles sont les ambitions d’Onlineprinters pour le marché français ?
L’objectif n’est pas une croissance à marche forcée. Notre ambition est surtout d’être plus proches des attentes des clients français et d’adapter nos outils industriels et nos services aux spécificités locales. Cela passe par une meilleure compréhension des usages, des habitudes d’achat ou encore des attentes en matière de services. Nous voulons accompagner notre clientèle existante, développer de nouveaux comptes et renforcer notre présence sur le marché des revendeurs, qui constitue un axe stratégique important pour nous.
Justement, quelles sont selon vous les particularités du marché français ?
Elles sont nombreuses, parfois très concrètes : certains grammages, formats ou matières sont davantage demandés en France qu’ailleurs en Europe. Les habitudes de consommation, de paiement ou de transport diffèrent aussi. Les clients français connaissent très bien l’imprimerie en ligne et sont particulièrement exigeants. Cela nous pousse à raffiner notre offre et à viser un très haut niveau de satisfaction.
Nous travaillons par exemple sur des outils de préflight avancés pour mieux accompagner les clients dans la préparation de leurs fichiers et détecter les éventuelles erreurs avant production. Nous avons aussi récemment pris la décision de geler temporairement certains prix afin d’aider nos clients à absorber les hausses tarifaires du marché. Cette proximité et cette capacité d’adaptation sont essentielles.
Comment s’organise aujourd’hui la production du groupe ?
La grande majorité de la production, plus de 90 %, est réalisée dans les usines du groupe réparties en Europe. Le principal site industriel se situe en Allemagne, près du siège historique, en périphérie de Nuremberg. Mais nous disposons également de capacités de production en Espagne, au Danemark ou encore en Pologne, notamment via différentes entités du groupe comme Solopress ou LaserTryk. Chaque site possède ses spécialités et ses savoir-faire. L’idée est vraiment de combiner le meilleur des différents marchés européens.
Qu’est-ce qui vous a personnellement séduit dans ce projet ?
D’abord les personnes. Je connaissais déjà plusieurs membres de l’équipe depuis longtemps, notamment certains anciens collègues avec qui j’avais travaillé auparavant. Ensuite, il y avait le challenge : adapter l’offre d’un grand groupe international aux réalités locales est un exercice passionnant.
Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est cette combinaison entre une forte rigueur industrielle et une approche locale beaucoup plus proche du terrain. C’est une aventure très européenne. D’une certaine manière, j’aime dire que l’idée est presque de créer un « Airbus de l’imprimerie » : prendre le meilleur des savoir-faire, des processus et des cultures de chaque pays pour construire une offre premium et cohérente à l’échelle européenne.
Votre périmètre dépasse aujourd’hui la France ?
Oui, j’ai une double fonction. Je suis à la fois directeur du développement international, principalement sur les marchés français et espagnols, et directeur général de la filiale française. L’idée est aussi de faire de la France et de l’Espagne des laboratoires pour tester certaines approches qui pourront ensuite être déployées dans d’autres pays.
Onlineprinters sera présent à C!Print 2027. Qu’attendez-vous de ce rendez-vous ?
Nous préparons déjà activement le salon. Ce sera évidemment une occasion importante pour rencontrer nos clients et présenter l’équipe française. Dans l’imprimerie en ligne, beaucoup d’échanges se font à distance et les salons restent des moments essentiels pour remettre de l’humain dans la relation.
Ce sera aussi l’occasion de montrer toute l’étendue de notre offre. Beaucoup associent encore Onlineprinters aux produits historiques comme les flyers ou les brochures, mais nous proposons également une large gamme textile, du grand format, des objets publicitaires ou encore des finitions premium.
Enfin, nous souhaitons mettre en avant toute la dimension technologique de nos solutions : API, portails dédiés aux réseaux de franchise, intégrations ERP… Cette dimension IT devient de plus en plus stratégique pour nos clients.