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    Icona d’Or FESPA 2026 : la communication visuelle célèbre ses savoir-faire et prépare l’avenir

    Le 24 septembre, la SEPR, à Lyon, a accueilli la 16e édition des Icona d’Or. Organisée par FESPA France, cette soirée a récompensé les réalisations qui font la richesse des métiers de la communication visuelle, tout en mettant en lumière les enjeux de formation, de transmission et de transition environnementale.

    Pour la première fois, les Icona d’Or ont quitté la capitale pour s’installer en région. C’est à Lyon, dans les locaux de la SEPR, établissement de formation professionnelle, que la filière de la communication visuelle s’est retrouvée le 24 septembre dernier. Un choix qui ne doit rien au hasard. Au-delà de la célébration des réalisations primées, FESPA France entendait rappeler que l’avenir du secteur se joue dans les ateliers, les centres de formation et la transmission des compétences.

    Créé en 2002, le concours distingue tous les deux ans les réalisations des professionnels de l’enseigne, de la signalétique, du marquage et décor, de l’impression numérique, de la sérigraphie, du digital media, de l’événementiel, de l’installation et de la médiapplication. L’éco-conception et les jeunes en formation y ont également leur place. Pour cette édition 2026, 150 dossiers ont été déposés, 42 projets ont atteint la sélection finale et 13 catégories étaient en compétition, témoignant de la diversité des expertises représentées.

    Former pour rester compétitif

    En accueillant professionnels, étudiants et enseignants à la SEPR, Hugues Malhère, président de FESPA France, a voulu donner une dimension particulière à cette édition. Si la soirée est consacrée à la reconnaissance des réalisations et à la convivialité, elle constitue aussi une occasion de mettre sur la table les défis auxquels la profession est confrontée. « Nos métiers évoluent », a rappelé le président, évoquant notamment les nouvelles contraintes environnementales et réglementaires, ainsi que l’essor de l’intelligence artificielle et des médias digitaux. Autant de transformations qui imposent aux entreprises d’adapter leurs pratiques, leurs équipements et les compétences de leurs équipes.

    Or cette évolution intervient dans un contexte de tension sur les financements de la formation professionnelle. Après une période de soutien renforcé, notamment à la suite de la crise sanitaire, les financements publics se resserrent et les dispositifs de prise en charge deviennent plus contraints. Un paradoxe, selon Hugues Malhère, alors même que les besoins en formation n’ont jamais été aussi importants. Pour FESPA France, l’enjeu est donc de dépasser le seul rôle d’information et de formation. L’organisation professionnelle entend travailler avec les entreprises et les acteurs de la formation pour identifier les besoins émergents, construire des parcours adaptés et trouver les moyens de les financer.

    La compétitivité des entreprises ne dépendra pas uniquement de leur capacité à produire, a insisté le président, mais aussi de leur aptitude à former leurs collaborateurs et à conserver les compétences. Un sujet qui concerne directement les jeunes présents dans la salle, mais aussi les professionnels déjà en activité, confrontés à l’évolution rapide de leurs métiers.

    Mobilisation sur le terrain

    Dans son intervention, Hugues Malhère a rappelé que FESPA France entend défendre concrètement les intérêts des entreprises du secteur. Il a par exemple cité les règlements locaux de publicité (RLP), qui encadrent les enseignes et les dispositifs de communication extérieure. L’organisation s’est mobilisée, avec d’autres acteurs de la filière, contre certaines dispositions réglementaires susceptibles de limiter l’activité des enseignistes et des signaléticiens. Hugues Malhère a évoqué une première victoire devant la justice, tout en soulignant que le travail se poursuivait. L’objectif, a-t-il expliqué, est de concilier les ambitions environnementales et l’amélioration du cadre de vie avec la possibilité, pour les commerces et les entreprises, de communiquer sur leurs façades.

    Autre dossier évoqué, les Jeux olympiques de Paris 2024. Le président de FESPA France estime que les entreprises françaises de la communication visuelle n’ont pas assez bénéficié des marchés liés à cet événement, malgré une mobilisation engagée très en amont. L’organisation travaille désormais sur les prochaines grandes échéances, notamment les Jeux d’hiver des Alpes 2030, pour mieux anticiper les marchés et défendre la place des professionnels français.

    Enfin, Hugues Malhère a rappelé l’intervention de FESPA France au printemps 2026, lorsque des entreprises ont signalé des hausses brutales de prix sur certaines matières premières. Des échanges entre distributeurs et fabricants ont notamment permis de travailler sur des délais de prévenance, afin de donner davantage de visibilité aux entreprises dans leurs relations commerciales. Autant de sujets moins festifs que les trophées, mais qui donnent à la soirée une portée plus large, celle d’une profession qui cherche à valoriser ses savoir-faire tout en défendant les conditions de leur développement.

    Réalisations et diversité

    C’est sur scène que la soirée a pris toute sa dimension. Présentés catégorie par catégorie, les projets en lice illustrent l’étendue des compétences mobilisées par les professionnels de la communication visuelle. Derrière une enseigne, un habillage imprimé ou un dispositif digital, les dossiers mettent en évidence un travail qui dépasse largement la seule fabrication (conception, ingénierie, choix des matériaux, coordination des équipes, contraintes de pose et adaptation aux usages, etc.).

    Parmi les projets finalistes, le déploiement des enseignes de The Barber Company, réalisé par Actif Signal, se distingue par son ampleur : 30 salons transformés en plein mois d’août, sans interruption de leur activité. Autre exemple, les enseignes monumentales d’Adidas Arena, aussi conçues et installées par Actif Signal, associent éclairage programmable, intégration architecturale et interventions complexes en hauteur.

    Les projets de signalétique témoignent eux aussi de cette diversité. Empreinte a notamment présenté la signalétique patrimoniale de Rochefort-en-Terre, pensée pour orienter les visiteurs tout en valorisant le paysage et le patrimoine local. Du côté de l’impression numérique, ATC Groupe a proposé le décor de 80 snowboards Chanel, reproduisant l’apparence et le toucher du matelassage emblématique de la maison grâce à une impression UV multicouche en relief.

    Le digital media n’est pas en reste, avec des dispositifs qui font de l’affichage un outil de gestion des flux et de diffusion d’informations actualisées. Charvet Digital Media a ainsi concouru avec un projet de modernisation de l’information destinée aux automobilistes à l’aéroport Marseille-Provence, reposant sur des écrans LED connectés et l’affichage en temps réel des disponibilités des parkings.

    Des réalisations qui rappellent que la communication visuelle se situe au croisement de la créativité, de la maîtrise technique et de la capacité à répondre à un cahier des charges précis. Les Icona d’Or donnent à voir cette complémentarité, en récompensant aussi bien la pertinence d’un concept que la complexité de sa mise en œuvre.

    L’éco-conception au coeur des pratiques

    La prise en compte de l’environnement constitue un autre fil conducteur de cette édition. Avec une catégorie dédiée à la réalisation éco-conçue, le concours valorise les démarches qui intègrent les enjeux environnementaux dès la conception des projets. Les dossiers finalistes montrent que cette approche peut prendre des formes très concrètes comme le réemploi de matériaux, la conception démontable, la fabrication locale, la limitation des interventions sur les sites ou la prolongation de la durée de vie des équipements.

    Le projet d’Empreinte pour Engie, par exemple, repose sur la réalisation de plus de 800 éléments de signalétique à partir de zinc récupéré sur des toitures parisiennes. Celui de Semios pour Roche Bobois propose un totem lumineux autonome, intégrant discrètement des panneaux solaires et un éclairage pilotable à distance. Deux réponses différentes à une même question : comment concevoir des dispositifs visibles, performants et durables ?

    Cette évolution des pratiques rejoint directement les préoccupations exprimées par Hugues Malhère en ouverture de la soirée. Les entreprises doivent intégrer de nouvelles exigences réglementaires et environnementales, tout en préservant leur capacité à innover et à rester compétitives.

    La relève sur le podium

    Impossible enfin d’évoquer les Icona d’Or sans parler de leur volet consacré aux jeunes. Ouverte depuis 2024 aux personnes en formation dans les métiers de la communication visuelle, la catégorie Icona d’Or Jeunes entend créer un lien entre les professionnels en activité et les futurs acteurs du secteur. Pour cette édition, 16 dossiers de jeunes étaient en lice. Leur présence donne un relief particulier à cette soirée organisée dans un établissement de formation. Les étudiants ne sont pas seulement spectateurs d’une profession qui célèbre ses réalisations, ils en sont aussi les futurs contributeurs.

    Cette mise en lumière répond à un enjeu concret. Dans un secteur confronté à des évolutions technologiques rapides, à de nouvelles exigences environnementales et à des besoins croissants en compétences, attirer et former de nouveaux talents est une condition essentielle de pérennité. En choisissant la SEPR pour cette 16e édition, FESPA France a donc voulu rapprocher deux réalités peut-être parfois pas assez connectées, les entreprises qui font vivre la communication visuelle au quotidien et les établissements qui préparent ceux qui la feront évoluer demain.

    Au terme de la cérémonie, les trophées auront distingué des projets, des équipes et des savoir-faire. Mais le message de la soirée dépasse le palmarès. La communication visuelle est un secteur qui doit continuer à démontrer la richesse de ses métiers, à faire connaître ses possibilités et à transmettre ses compétences. Une ambition que les Icona d’Or entendent servir, édition après édition.


    Pour retrouver les lauréats par catégorie et découvrir les réalisations primées : Palmarès officiel des Icona d’Or 2026.

    Bertrand Clermont-Genevi est rédacteur en chef d'IC. Il possède dix ans d’expérience dans les médias (L’Express, 20 Minutes, Prisma Média) et en agence de communication (Hopscotch).